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Compte rendu de réunion ANPEIP Sud - Décembre 2001 - par Delphine Rousse

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COMMENT AIDER NOS ENFANTS DANS LEURS DEVOIRS ET LEÇONS
LE RÔLE DES PARENTS

Madame de Raymond – Enseignante, spécialiste des difficultés scolaires et formatrice en gestion mentale

QUELQUES CONSEILS DIVERS :
Chez le précoce, il existe une aptitude à l’abstraction, mais il a besoin de son monde d’enfant et de quantité de jeux.
Ne pas lui apporter des savoirs en plus, s’il n’a pas l’appétit d’apprendre en plus.
S’il veut jouer, le laisser faire.
Ce n’est pas parce qu’on lui fait faire des choses en plus à la maison que cela va tromper l’ennui scolaire.
Négocier avec l’école : donner des exercices progressifs au lieu de répétitifs, ou saut de classe.


QUELQUES CAS OU L’ÉCHEC SCOLAIRE SURVIENT A CAUSE D’UN FONCTIONNEMENT MENTAL PLUS ADAPTE :
En général, cela ne se passe pas trop mal jusqu’en 6e. Pour certains, les choses ont du sens d’emblée, a priori.
Dès qu’ils doivent faire l’effort de se créer à eux même du sens, ils ne savent plus comment faire. Ils n’ont pas de stratégie mentale.
Il faut qu’il y ait un espace entre les aptitudes du sujet et où il veut aller pour pouvoir avoir envie et besoin de bâtir du sens.

Fonctionnement : Le corps reçoit l’info. Chacun a un code d’accès préférentiel (voir, écouter, sentir, bouger, goûter, toucher, se parler…)
On n’apprend que si on transforme dans son cerveau volontairement et consciemment ce que l’on a vu, entendu, senti… en représentations mentales conscientes (se revoir, les voir, se les parler, les réentendre…) pour établir du sens, il faut procéder à une traduction mentale, une appropriation.
Pour d’autre, il s’agit de fulgurance de sens : Ils voient une sorte de forme, de chose symbolique, lui donner la solution, et il sait que c’est cela.
Cela pose de gros problèmes de transmission des connaissances, car cela n’est pas énonçable. Quand l'apprentissage ou la compréhension deviennent plus laborieux, la fulgurance de sens ne se fait plus, et c’est la catastrophe ! En général, la réponse fulgurante fausse est liée à un problème d’inattention.
Le corps reçoit des perceptions, c’est la réalité sensible. On doit toujours confronter la production de sens au monde sensible, mais souvent ils ne sont pas dans la communication :
La pensée prime sur le réel, ils n’ont plus besoin de donner une réalité à ce qu’ils apprennent.
Ils sont donc incapables de comprendre l’objectif de l’école, qui ne valide pas une pensée mais une réalité restituée (nécessité de donner les réalités intermédiaires pour que l’autre comprenne, ce qui devient encore plus impératif à l’âge adulte).

COMMENT LES AIDER ?
Il est intéressant de mettre en place des processus mentaux économiques (aller au plus court et en ligne droite).
Savoir rejoindre un objectif sans se perdre en chemin, penser en plus court chemin. Transmettre ce que l’on pense. Savoir s’outiller pour atteindre son objectif.
Mon sens et le non-sens des autres : l’EIP a des questions existentielles : le monde ne prend sens que s’il va vers la résolution de l’énigme fondamentale qu’il se pose.
Or l’école n’est pas du tout dans ce plan (tout y est tranché, saucissonné…), il n’y a aucun lien apparent, alors le jeune décroche.
Mais les parents peuvent agir en lui disant qu’il n’aura jamais de réponse, c’est une quête incessante, et il n’y a jamais de réponse définitive à cette quête.
Il y aura toujours une question, après, quand il aura élucidé la première.
Lui dire aussi que l’école participe à cette quête en comprenant aujourd’hui et demain.
L’écrit est donc nécessaire car seul il participe à la mémoire.
Accepter de se doter d’outils : Il est dans le sens, a une pensée très rapide, il n’a donc pas besoin des outils tout de suite. Mais à un moment sa rapidité de pensée n’est plus suffisante, et il n’a pas d’outils. Il faut donc progressivement lui expliquer le pourquoi, le comment, car sinon c’est une course effrénée de sens, sans en accumuler le sens.
Il y a souvent chez eux un grand écart entre l’aptitude à l’abstraction et l’aptitude à produire .
Le par cœur et les normes ont une nécessité intellectuelle. Il faut trier ce qui est nécessaire d’apprendre par cœur (pour coller au réel) et ce qui est nécessaire d’être compris (produire quelque chose à soi), parce quand on aime être dans le sens, on n’aime pas coller au réel.
En ce qui concerne l’apprentissage des langues, il y a quatre domaines à investir pour apprendre un mot : la prononciation, l’utilisation, le sens, l’orthographe.
Or souvent les EIP n’utilisent qu’un seul de ces domaines et sont alors en échec. Ils doivent accepter de ne pas tout savoir d’un coup, d’avoir des point forts et des points faibles.
Il faut leur interdire d’apprendre ce qu’ils savent déjà, se mettre dans la tête uniquement ce qui manque.
Se raconter sa journée tous les jours stabilise sa mémoire. Prévoir la suite permet de comprendre les mécanismes et les objectifs de l’école.
Les EIP ont souvent une imagination créatrice importante, et sont très faibles pour le code et la précision. Si on les ramène au concret, cela peut les aider à mettre en place le code, car s’il n’est pas en place, il est difficile d’arriver à l’abstraction.

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